«Un privilège extraordinaire» que d’être sénateur

November 4, 2011

L'Éveil, 4 novembre 2011
Rencontre avec Claude Carignan à Ottawa

 

Août 2009. Alors en pleine campagne électorale municipale, de retour de ses vacances estivales, Claude Carignan est à préparer une fête familiale à sa résidence de Saint-Eustache. Ce jour-là, il reçoit un appel inattendu du bureau du premier ministre afin de fixer un rendez-vous téléphonique avec Stephen Harper. Puis, sur l’heure du dîner, M. Harper lui confirme ce dont il se doutait un tout petit peu: sa nomination au Sénat canadien.

 

«C’était beaucoup d’excitation. Mais, 45 minutes plus tard, ma famille, mes frères, leurs conjointes, les enfants arrivaient chez moi et je n’avais pas le droit de leur dire. Cela a été une fête assez spéciale. J’avais ça en tête, mes proches étaient autour de moi et je n’avais pas le droit de leur annoncer la grande nouvelle», se remémore Claude Carignan, que L’ÉVEIL a rencontré à Ottawa, au Sénat canadien, son lieu de travail depuis un peu plus de deux ans.

 

Ce secret, il devra d’ailleurs le conserver presque deux semaines. Son épouse et ses trois enfants n’ont su la nouvelle que la veille de l’annonce officielle, le 27 août 2009. M. Carignan faisait alors partie d’un groupe de huit personnes à être nommées à un poste de sénateur, dont l’ex-entraîneur du Canadien de Montréal, Jacques Demers.

 

Aussi, pendant ces deux semaines d’attente, Claude Carignan, qui tente d’obtenir un troisième mandat à la mairie de Saint-Eustache, doit poursuivre la campagne électorale en cours. Il tente alors de minimiser certaines dépenses, comme l’impression de dépliants ou de pancartes. «On avait des rencontres de stratégie, des décisions à prendre. Entre autres, ma directrice des communications ne comprenait pas trop mes décisions de ne pas aller en imprimerie immédiatement», se rappelle, tout en riant, l’ex-maire de Saint-Eustache.

 

Cela dit, c’est d’abord un sentiment de fierté qui a animé Claude Carignan lorsqu’il a appris qu’il était nommé sénateur. «C’est un honneur. On est choisi par le premier ministre du pays. Il y a 105 sénateurs, plus de 35 millions d’habitants au Canada. Être choisi parmi 35 millions de personnes pour être sénateur, c’est un privilège extraordinaire. On se sent excité. Mais, en même temps, il y a de l’anxiété, la peur du changement, de l’inconnu, de ce que ça va changer dans la vie de tous les jours, dans la vie familiale, dans la carrière», mentionne celui qui a vu ses fonctions prendre plus d’ampleur avec sa nomination, au mois de mai dernier, comme leader adjoint du gouvernement au Sénat.

 

S’il dit apprécier depuis son travail et le nouveau défi qui s’est offert à lui, Claude Carignan ajoute qu’il a cependant dû apprendre à mesurer son apport différemment. «Comme maire, c’est plus terre-à-terre, immédiat. Comme sénateur, on crée des lois qui vont changer, en partie, la société. Ça ne se mesure pas immédiatement», reconnaît Claude Carignan.

Actuellement l’un des plus jeunes sénateurs, Claude Carignan, qui aura 47 ans au mois de décembre prochain, pourrait techniquement conserver son poste de sénateur jusqu’à l’âge de 75 ans. Aspire-t-il à cela? «Non! Nous avons un projet de réforme du Sénat qui est important pour moi et qui va faire en sorte que les sénateurs seront nommés pour neuf ans. S’il est adopté, d’ici un ou deux ans, et c’est ce que j’espère, les sénateurs alors en poste verront leur mandat prendre fin neuf ans après. C’est donc dire que je vais quitter dans 10 ou 11 ans avec, certainement, le sentiment du devoir accompli», de répondre Claude Carignan.

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload